SOPSIE et les CPS
La rencontre entre l’approche contextuelle de SOPSIE (psychologie sociale) et l’approche distributionnelle du développement personnel via les CPS (Compétences Psycho-Sociales)
Qu'est-ce que les CPS ?
Les CPS correspondent à la capacité d’une personne à faire face aux exigences et aux défis de la vie quotidienne, sa capacité d’adaptation en quelque sorte.
L’OMS les définit en 1994 comme une « capacité d’une personne à maintenir un état de bien-être psychique et à le démontrer par un comportement adapté et positif lors d’interactions avec les autres, au sein de sa culture, et de son environnement ».
Les CPS regroupent un ensemble de compétences permettant d’améliorer les relations à soi et aux autres, que l’on peut classer en 3 grands domaines : compétences cognitives, émotionnelles et sociales.
Capacité à avoir conscience de soi (ex. connaitre ses forces et faiblesses, autoévaluation…), la maitrise de soi (buts, objectifs…) et la capacité à prendre des décisions constructives.
Capacité à comprendre et identifier ses émotions et son stress, et savoir réguler et gérer les deux
Capacité à communiquer de façon constructive, à développer des relations (coopération…) et la capacité à résoudre des problème et faire face à des difficultés (demander de l’aide, s’affirmer, résoudre des conflits…)
Développer les CPS
Dans les années 80, l’OMS met en avant l’importance des CPS dans le cadre de la charte d’Ottawa, inscrivant alors 5 axes d’action de promotion de la santé et d’action de prévention via les CPS. En 1994, l’OMS statut : « [développer les CPS permettra de] renforcer les ressources d’adaptation (coping) de la personne et ses compétences personnelles et sociales ou compétences de bases utiles à la vie (life skills) ».
> Bien-être et santé mentale : diminution des troubles affectifs et du comportement, de la souffrance psychologique (anxiété, stress, dépression…)
> Prévention des conduites à risque : réduction de la consommation de substances psychoactives, de la violence et du harcèlement, des comportements sexuels à risque
> Réussite scolaire et professionnelle : augmentation de l’engagement, diminution de l’échec scolaire, meilleure insertion professionnelle…
Soit A. Utiliser des programmes « clés en main », soit B. utiliser des connaissances scientifiques et expérientielles pour construire une nouvelle intervention adaptée à la situation et au public visé.
Des facteurs indispensables pour des interventions CPS efficaces sont identifiés dont : une intervention structurée et focalisée et une implantation de qualité.
Actions/outils : Quiz, Jeu de rôles, Fish Bowl, World Café,…
Programmes : Unplugged, Prodas, GBG, Tina & Toni, Life Skills Training, PSFP, STRONG, ProMoBe
Sites ressources : cartable des compétences, la boite à outils des CPS, Canope, CovidAiles
Approches dispositionnelle et contextuelle
Approche dispositionnelle :
=> Se focaliser sur le fonctionnement et les caractéristiques de l’individu pour mieux l’accompagner dans le développement de ressources, compétences individuelles, pour faire face à l’altérité, aux difficultés rencontrées. Cette approche implique un focus sur l’individu avant tout.
Métaphore : quand la fleur fane, ne va pas bien, on analyse sa constitution et sa composition, et on lui apporte des ressources supplémentaires ou on la modifie (ex. engrais, taille…) pour qu’elle aille mieux.
LE DEVELOPPEMENT DES CPS ENTRE DANS LE CADRE D’UNE APPROCHE DISPOSITIONNELLE : on développe des compétences individuelles pour faire face à diverses situations de vie.
Approche contextuelle :
=> Se focaliser sur l’environnement, le cadre d’une situation, le contexte associé aux difficultés rencontrées par un individu ou un groupe. Cette approche permet d’analyser la globalité d’une situation et d’agir sur les facteurs extérieurs qui impactent le bien être, les comportements, attitudes, et le développement de la personne concernée.
Métaphore : quand la fleur fane, ne va pas bien, on analyse son environnement et on essaye d’agir sur celui-ci pour qu’il soit plus favorable au développement de la fleur (ex. davantage d’eau, repoter la plante, mettre une protection face aux parasites…).
L’APPROCHE DE LA PSYCHOLOGIE SOCIALE (portée par SOPSIE notamment) ENTRE DANS LE CADRE D’UNE APPROCHE CONTEXTUELLE : on agit sur le contexte, on adapte l’environnement pour offrir les meilleures conditions possibles de bien-être global.
Ces deux approches ne s’excluent absolument pas, elles sont complémentaires et il semble nécessaire de les aborder chacune. Toutefois, quand on travaille à développer les CPS, notamment chez les plus jeunes, SOPSIE souligne une vigilance : avoir des bonnes capacités d’adaptation n’est pas toujours la meilleure solution et peut parfois même être délétère. Tout est question de dosage selon nous et ce qui compte, de notre point de vue, est la façon dont on exploite ces compétences et le cadre dans lequel on le fait. Par exemple, être capable de m’adapter à une situation toxique au lieu de m’en éloigner ne semble pas le meilleur plan ; avoir de bonnes capacités relationnelles ne va pas être très utile dans un contexte de travail où il y a du harcèlement, de l’animosité, de la violence…
D’un autre côté, développer ces CPS n’est certainement pas une mauvaise idée. Disons que nous pourrions travailler sur ce point et également œuvrer à une amélioration des différents contextes de vie. C’est le projet avec SOPSIE.
Agir sur les CPS avec SOPSIE
Développer les CPS passe parfois par l’animation de programmes clés en main, la proposition d’ateliers de quelques heures, l’utilisation de jeux adaptés, et surtout, par une conclusion du temps d’animation par un échange sur le vécu de chacun·e afin de conscientiser ces compétences en cours de développement. Cela peut parfois paraitre très chronophage et l’on peut penser qu’il faut organiser des journées dédiées aux émotions, puis à la coopération, puis à la connaissance de soi… Alors que finalement, tout est en lien. Et il n’est pas forcément nécessaire, ni bénéfique, de dédier des temps précis au développement des CPS en annonçant « aujourd’hui on va travailler sur nos émotions » par exemple.
Avec SOPSIE nous préférons aborder ce projet de développement des CPS comme quelque chose de transversal qui s’introduit, se sème un peu partout dans les différents ateliers proposés, dans les formations animées, dans chaque interaction professionnelle et sociale. En les travaillant personnellement nous essayons de les diffuser à petite dose un peu partout dans nos pratiques.
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Article publié en Juin 2025