Au travers des recherches de Carol Dweck sur les conceptions d’intelligence et les différents états d’esprit, on observe que les élèves concevant leur intelligence comme un potentiel à développer sont moins soumis à de hauts niveaux de stress et ne sont plus préoccupés par leur niveau de performance. Ces élèves résilients, motivés et épanouis ont pour principal objectif d’apprendre et non de réussir avant tout ! Ils croient en la possibilité de s’améliorer, que parfois ils échouent à une tâche mais qu’à force d’efforts et en adoptant les bonnes stratégies ils y parviendront : une croyance en l’intelligence malléable !
Selon la chercheuse américaine Carol Dweck, il existerait 2 types de perception de l'intelligence
> Etat d’esprit de développement (EED) : une conception malléable de l’intelligence
Dans cette conception, l’enfant perçoit l’effort comme une étape de l’accomplissement. Face à une difficulté il change de stratégie, persiste, ne se sent pas menacé…
EFFETS : l’EED favorise la démarche d’apprentissage et la recherche de la difficulté ou challenge. Il permet aussi un plus grand bien-être; l’individu étant moins sujet au stress.
> Etat d’esprit fixiste (EEF) : une conception fixiste de l’intelligence
Dans cette conception, l’enfant perçoit l’effort comme une indication d’un manque de compétences, il évite donc d’en faire. Face à une difficulté il dramatise l’échec, réagit négativement, abandonne, se sentant menacé…
EFFETS : l’EEF ne favorise pas la démarche d’apprentissage. L’individu a des réactions affectives négatives et il abandonne fréquemment face à la difficulté sans chercher à adopter une nouvelle stratégie. Un individu adoptant un EEF est davantage sujet à une souffrance psychologique…
SOURCE VIDEO YOUTUBE : TED (2014) Carol Dweck : le pouvoir de croire que vous pouvez vous améliorer.
Favoriser l'EED
Nous avons vu plus haut quelques vertues de cet Etat d’Esprit de Développement, sachez que nous pourrions en ajouter bon nombre. Je vous invite d’ailleurs à consulter ce très bel ouvrage de C. Dweck (Mindset – the new psychology of success, 2016) qui synthétise l’ensemble des travaux de l’autrice et offre un chapitre dédié aux parents et enseignant·e·s.
Mais comment trouver ce fameux EED, comment le nourrir, comment le voir s’immiscer dans vos classes, chez vous et chez vos enfants ??? L’EED n’est pas inné, lui non plus : il s’acquiert, et en jouant sur le contexte on peut le faire apparaitre.
Exemples d’influence sur le contexte et l’individu pour favoriser l’EED :
- Favoriser des buts de maitrise : on peut amener les enfants à penser que ce qui est en jeu dans leur apprentissage, dans la tâche qu’ils accomplissent, est l’acquisition de compétences, la maitrise d’une pratique, et non l’évaluation ou la performance.
- Insister sur la comparaison temporelle : plutôt que de se comparer aux autres élèves, favorisons la comparaison avec soi ; que l’élève perçoive sa progression personnelle et se fixe des objectifs pour poursuivre celle ci.
- Entrainer quotidiennement à penser EED : par exemple, en proposant des petites phrases en début d’exercice ou de devoir du type « L’objectif de cet exercice est de développer votre expertise sur telle compétence »…
- Repérer les pensées fixistes et les remplacer par des pensées d’EED
- … (je vous laisse y réfléchir :))
EEF « Je n’arrive pas à résoudre cet exercice de mathématiques, je n’y comprends rien. Bon, de toute façon, je n’ai jamais était bon en maths, ça ne sert à rien de s’acharner je n’y arriverais pas. Il y en a certains qui naissent bons en maths, ce n’est pas mon cas, voilà c’est tout. J’abandonne, je vais aller faire quelque chose que je maitrise mieux, tant pis pour cet exercice. »
–> EED « Je n’arrive pas à résoudre cet exercice de mathématiques, je n’y comprends rien. En même temps, c’est un nouveau chapitre, il faut que je m’y penche un peu plus et je devrais y arriver. Peut-être devrais-je changer de technique ou de formule mathématique. Et si je demandais à mon ami qui maitrise mieux cette matière, il pourrait m’aider et ainsi je comprendrais. Allez je ne perds pas espoir, je vais regarder le problème autrement et m’appuyer sur des ressources pour enfin maitriser ce contenu ».
Si vous entendez le discours EEF dans vos classes ou à la maison, une toute petite remarque peut parfois aider plus qu’on ne le croit => « Quand tu apprenais à faire du vélo, est-ce que tu as réussi du 1er coup ? Non, et bien là c’est la même chose. Tu vas échouer, tomber, tes stratégies ne marcheront pas toujours, mais tu finiras par trouver la bonne solution avec de la persistance et en t’appuyant sur des personnes ressources. Alors les mathématiques ça roulera pour toi, comme le vélo aujourd’hui. »