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SOPSIE discriminations

L’école et les parents représentent l’un des premiers liens de socialisation d’une personne, ainsi leurs missions sont larges et impactantes sur le long terme. La lutte contre les préjugés, l’établissement d’une norme de respect de chacun·e, l’accompagnement au développement personnel et collectif, l’accompagnement à la citoyenneté, font partie de ces rôles clefs. Or, dans le contexte éducatif on retrouve l’impact des normes & croyances sociales, le poids des attentes associées aux différentes catégories sociales, l’influence des stéréotypes sur nos jugements et ce besoin essentiel d’avoir cette sensation d’appartenir à un groupe… Ce sont tout autant de conditions qui, réunies, entrainent parfois des  comportements inadaptés et violents envers autrui. Des situations de discrimination et de harcèlement apparaissent alors. Sur cette page nous verrons quelques pistes pour prévenir et lutter contre ces situations en limitant l’impact des biais cognitifs auxquels nous sommes sujet·e·s.

Harcèlement scolaire

Nous sommes toutes et tous sujets à des biais (stéréotypes…). De plus, pour faciliter le traitement du monde qui nous entoure, l’humain catégorise les éléments qui composent ce dernier et les individus qui y vivent. Tous ces phénomènes normaux et universels alimentent une riche littérature scientifique dans le champ de la psychologie sociale. Des concepts alors théorisés offrent des pistes d’action pour lutter contre l’impact des stéréotypes et de la catégorisation sociale. Ils nous offrent également des clefs pour lutter contre toutes les situations qui découlent des phénomènes sociaux et cognitifs courants : préjugés, discrimination, harcèlement… Ainsi, nous pouvons jouer notre rôle dans la socialisation de futur·e·s citoyen·ne·s adoptant des comportements justes, respectueux et pérennes. 

Les stéréotypes

lutte contre les discriminations

Définition : 

Un stéréotype est « un ensemble de croyances partagées sur n’importe quel groupe de personnes«  (Lippman, 1922).

Le stéréotype se réfère directement au lien qui existe entre l‘appartenance à un groupe et la possession alors de certaines caractéristiques considérées propres à ce groupe.

Les stéréotypes sont souvent sur-généralisés, erronés et résistants aux nouvelles informations. 

Une croyance ni bonne ni mauvaise (elle peut être positive, négative ou neutre), dirigée vers un groupe de personne.

= Une attitude négative (« je n’aime pas »), non justifiable, envers un groupe et ses membres (Myers, 1993).

Quand nous parlons de racisme, xénophobie, sexisme, homophobie, âgisme… nous parlons de préjugés et non de stéréotypes.

= Un comportement négatif, non justifiable, à l’encontre d’un groupe donné et de ses membres (Myers & Lamarche, 1992). 

En bref, il s’agit d’un changement de comportement envers une personne ou un groupe en raison de son appartenance/association à une catégorie (ex. inégalité de salaire entre les femmes & les hommes ; donner des livres neufs à un groupe d’enfants d’une classe supérieure vs ne rien donner à un autre groupe d’enfants…). 

des actes/comportements répétitifs visant à nuire à une personne précise. Le harcèlement peut être physique (coups, vols…) ou verbal (insultes directes ou via messages…).

Quelle utilité ? 

Le stéréotype est un véritable outil fonctionnel. Ni bon, ni mauvais, il facilite le traitement de notre environnement. Il nous permet également d’apporter une justification au système en place en légitimant par exemple des différences de situation par des différences de statuts et en apportant une explication aux inégalités. Toutefois, bien qu’il soit facilitateur, il n’est pas juste pour autant. Il est souvent erroné et génère alors des distorsions dans nos jugements : celles-ci pouvant avoir d’importants effets néfastes. La littérature scientifique met alors en avant la menace du stéréotype, l’effet de l’auto-réalisation des prophéties (effet Pygmalion – cf. page « Influences sociales« )… Enfin, parfois, nos jugements, alors biaisés par ces stéréotypes, nous poussent à la discrimination…

Toutes et tous concerné·es ! 

Nous sommes toutes et tous soumis à ces stéréotypes qui influencent nos jugements, attitudes, attentes et comportements ! Et oui, tout le monde est concerné. Pour s’en rendre compte, n’hésitez pas à passer le test IAT (Implicit Association Test, développé par l’université d’Harvard) et à prendre alors connaissance de votre niveau d’adhésion inconsciente et involontaire à ces stéréotypes auxquels nous sommes confronté·es au quotidien.  

Les biais cognitifs

Pour traiter le monde qui nous entoure dans toute sa complexité, notre cerveau, limité dans ses ressources, fait des déductions en s’appuyant sur des indices environnants. Puis, nous réagissons (jugements, attitudes, actes, interactions…) sur la base de ces déductions.

Les déductions cognitives, que l’on nomme aussi biais cognitifs sont, la majeure partie du temps, des heuristiques efficaces, qui nous permettent de nous adapter à de nombreuses situations. Toutefois, ces déductions et/ou interprétations sont parfois faussées et erronées. Elles nous amènent alors à développer des attitudes, jugements et comportements hâtifs, souvent décalés et parfois néfastes pour soi et/ou pour autrui. Il nous faut alors établir un bon équilibre entre le rejet d’informations potentiellement erronées ou mensongères, et l’acceptation et utilisation d’informations facilitatrices et utiles.  

La catégorisation sociale

A QUOI CELA SERT ?

  • Telle que les stéréotypes, la catégorisation a cette fonction cognitive d’augmenter notre capacité à appréhender le monde qui nous entoure et à le traiter. Elle nous permet également de nous y repérer plus facilement et ainsi de prendre des décisions dans celui-ci.
  • La catégorisation, nous permet également, en tant qu’être social, de répondre à cette question essentielle : « qui suis-je ? »
Vous pouvez d’ailleurs faire le test vous-même (ou proposer l’exercice à des ami·e·s, collègues, enfants) : sur une feuille prenez quelques minutes pour répondre à la question « qui êtes-vous » en notant quelques termes (5-6). Puis observez vos réponses…
[Il y a des catégories là-dedans !? n’est-ce pas ?]

Il s’agit du regroupement d’objets, de personnes ou d’évènements dans une même catégorie sur la base de caractéristiques communes.

Elle est associée à des attributs personnels de l’ordre de la personnalité (ex. je suis susceptible, timide, comique…), de l’activité personnelle (ex. je fais du sport), des goûts (ex. j’aime les cerises)…

Elle est basée sur l’appartenance à un groupe social ou une catégorie sociale (ex. je suis une femme vs un homme ; je suis un·e enseignant·e ; je suis français·e…). 

Le chercheur américain Henri Tajfel (à l’origine de la TIS : Théorie de l’Identité Sociale) l’a définit de la façon suivante : c’est « cette partie du concept de soi de l’individu qui provient de la connaissance de son appartenance à un groupe social et de la valeur et signification émotionnelle attachées à cette appartenance ». 

Toutes et tous concerné·es ! 

Là encore, comme nous l’avons vu avec les biais cognitifs et notamment les stéréotypes, nous sommes toutes et tous concernés par la catégorisation sociale : dès notre jeune âge nous catégorisons notre environnement et développons des jugements en lien avec ces catégories.

Vidéo YT : « Tous pareils, Tous racistes : stéréotypes et catégorisations » (Psynect)

QUEL IMPACT ?

C’est l’une des causes du développement de préjugés et de comportements de discrimination. 

La catégorisation a des effets perceptifs tel que celui de la double accentuation dans lequel on retrouve un effet d’assimilation où l’on accentue les ressemblances entre les membres d’une même catégorie, et l‘effet de contraste où l’on accentue les différences entre membres de deux catégories distinctes. 

Au delà de ces effets, la catégorisation impacte également nos jugements. En effet, à une catégorie sont associées des caractéristiques précises et des stéréotypes. Or, nous l’avons vu plus haut, ceux-ci peuvent biaiser nos jugements. Ainsi, en percevant le monde et les individus qui nous entourent via les catégories, nous les jugeons également sur la base des caractéristiques et stéréotypes communément associés à la catégorie dont ils font partie. Nos comportements envers ces personnes pourront alors être influencés par le simple fait qu’elles appartiennent à une catégorie. Et cela va même au-delà : et oui, en plus de leur appartenance à un groupe, nous observons également si ils appartiennent au même groupe que nous (endogroupe) ou à un autre (exogroupe). Il s’agit ici à nouveau d’un facteur déterminant dans notre comportement à leur égard, puisque, comme le démontre les recherches sur le biais pro-endogroupe, nous avons tendance à avantager les membres de notre propre groupe à l’instar d’une personne de l’exogroupe. Et comme nous allons le voir juste ci-dessous, nous appartenons toutes et tous à des groupes et la simple formation de groupes nous amène à nous comporter différemment envers l’autre.

LA FORMATION DES GROUPES : condition minimale de l’apparition de discrimination

La simple catégorisation « nous » / « eux » suffit à générer des comportements discriminatoires. En effet, nous préfèrerons notre groupe (endogroupe) à l’autre (exogroupe) et ainsi nous adopterons des comportements favorisant notre groupe d’appartenance. Et cela peu importe le groupe. C’est ce que les collaborateurs d’Henri Tajfel et lui-même ont théorisé via le concept du Paradigme des Groupes Minimaux. En effectuant une simple catégorisation arbitraire (A/B, groupe « Klein »/groupe « Kandinski »…), ils observent que les individus répartissent les ressources fournies de façon inégalitaire : ils favorisent leur propre groupe si la ressource est positive. 

Ces résultats suggèrent que l’origine même d’attitudes néfastes à l’égard d’individus, et les comportements discriminants qui s’en suivent, prennent leur origine, en partie, dans un processus cognitif universel et normal : celui de la catégorisation sociale. Des expériences ont d’ailleurs démontré que la simple évocation d’une catégorie facilite l’accès aux connaissances stéréotypiques associées dans la mémoire.

Cela nous amène à porter une vigilance particulière aux groupes qui se forment dans la classe, à ceux déjà préexistants (culture, ethnie, sexe, statut économique et social…) et de travailler à l’établissement d’une identité sociale commune au sein de cette classe (de ce groupe de jeunes). Comment ? Par exemple, en instaurant de la coopération et de l’interdépendance au sein du groupe (cf. page SOPSIE « Travail de groupe & Coopération »).

Vidéo Dailymotion : « Le paradigme des groupes minimaux  : la fabrique des préjugés » (Université de Genève)

ETUDE controversée de la concurrence entre des groupes pour une ressource limitée comme étant l’une des causes fondamentales de l’apparition de préjugés, d’hostilité et de comportements discriminatoires 

Lutte contre les discriminations

Nous l’avons dit, nous sommes toutes et tous touché·e·s et influencé·e·s par les biais cognitifs (tels que les stéréotypes)… Dans ce même discours, il s’agit également de souligner que les actes de discriminations ne sont pas, non plus, le simple fruit de quelques individus isolés et singuliers. Ils concernent chacun·e d’entre nous. Lorsque nous sommes membre d’un groupe et que nous agissons en tant que tel, nous agissons dans un contexte social marqué par des croyances, des pensées, des besoins, la protection d’une identité, etc. Ce sont tout autant d’éléments qui engendrent des interactions et comportements sociaux divers qui parfois font préjudices. 

Bien que les stéréotypes et les préjugés soient forts et résistants, ceux-ci, ainsi que les actes discriminatoires qui peuvent leur être associés, peuvent être régulés en modifiant le contexte social et en agissant sur la catégorisation, les normes, les identités… Mais pour en arriver là, il faut d’abord et avant tout, prendre conscience du problème.

Pour éviter des comportements sociaux néfastes et violents d’un individu envers un autre, il s’agira avant tout de les comprendre et de prendre conscience des mécanismes associés. Ces comportements sociaux correspondent à l’ensemble de 3 éléments reliés : la cognition, l’attitude et le comportement observable (cf. définitions à droite). Ainsi, un modèle de base de la psychologie sociale des conduites explique les comportements sociaux par les attitudes des individus. Ces attitudes sont elles-mêmes déterminées par les cognitions. Et comme nous l’avons vu plus haut, ces cognitions/pensées et croyances nous trompent parfois et nous amène à développer des attitudes négatives engendrant un comportement négatif lui aussi.  Un exemple de schéma explicatif d’un acte discriminatoire est exposé ci-dessous. 

Discrimination - SOPSIE
Exemple : modèle d'explication d'un comportement social de discrimination

= Un système de pensées composé de catégories qui nous permettent de comprendre, interpréter et analyser une situation de notre environnement, et ainsi, d’agir en conséquence.

Cela peut correspondre par exemple à une croyance au sein d’un groupe (ex. l’enseignant·e est réputé·e sévère) voire même à une croyance communément partagée (ex. les mathématiques c’est pour les garçons) – un stéréotype.

= Implique une évaluation favorable ou défavorable (une valence) d’un évènement, d’une personne, d’une tâche, d’une situation… 

Cela correspond notamment aux préjugés que l’on développe sur des personnes (je n’aime pas mes enseignant·e·s/ les adultes…). Dans tous les cas, cela implique un « j’aime » ou un « je n’aime pas » (ex. j’aime les maths, je n’aime pas les cours…). 

= C’est le comportement effectif qui est observable. Un comportement qui peut être positif (en faveur de),  neutre ou négatif (en défaveur de).

Ce n’est ici qu’un axe d’explication des comportements de discrimination : un premier point d’analyse. Celui-ci se complète en prenant en compte la force de la catégorisation sociale (fondement même de la discrimination d’ailleurs), de l’importance de l’identité sociale (Tajfel & Turner, 1979) et des mécanismes de défense de celle-ci, de l’histoire et des croyances individuelles des personnes, des théories issues de la psychologie cognitive et sociale (ex. théorie de la dominance sociale, Sidanius & Pratto ; théorie des conflits réels, Sherif), de nos biais de jugements (cf. biais cognitifs)… Je vous invite à consulter ces diverses notions, à vous rapprocher également de la psychologie cognitive qui étudie largement ces sujets et/ou à me contacter pour échanger à ce sujet et peut-être bénéficier d’une formation à cet égard.

  • > Prendre conscience, personnellement et collectivement de l’existence de ces biais et de leurs impacts [EXEMPLE: des ateliers d’information, de sensibilisation, des activités de mise en avant de l’existence de biais, le passage du test IAT…]
  •  

> Verbaliser à l’oral ses décisions et jugements à l’égard d’une personne [EXEMPLE : temps d’échange et de médiation, protocole/charte d’expression orale…]

> Echanger avec ses camarades pour une analyse plus complète et une vision plus claire de la situation [EXEMPLE : temps de forum…] et afin de modérer ses attitudes et comportements subséquents

> Limiter les facteurs favorisant le recours aux stéréotypes. Parmi ces conditions on trouve : une information à traiter qui serait trop volumineuse, une distraction, des contraintes/pressions temporelles, un effort physique conséquent, une diminution des ressources générales… Puisqu’en effet, dans ces conditions ,les stéréotypes permettent clairement d’alléger le fardeau du traitement d’informations. [Voir article SOPSIE sur les conditions dans lesquelles les stéréotypes nous biaisent le plus.]

> Sensibiliser à la lutte contre les biais cognitifs 

> Créer une identité sociale supra-ordonnée (re-catégoriser) : une identité qui engloberait toutes les personnes du groupe, qui se sentiraient alors membre à part entière de ce groupe. Une identité qui apporterait de la cohésion entre les individus [EXEMPLE : création d’un totem, d’une charte de la classe / de la fratrie / du foyer ; atelier collectif d’identification des forces communes et complémentaires du groupe…]

> Favoriser les situations de coopération et d’interdépendance dans le groupe [EXEMPLE : travaux de groupes (cf. page « Travail de groupe et coopération »). des situations de contacts intergroupes, instaurer un but commun…]

> Offrir des espaces de paroles, d’échanges, de médiation, de partage des ressentis… [Y réfléchir avec les jeunes] 

> Travailler autour de la Communication Non Violente (CNV) [site CNV M. Rosenberg – Podcast CNV à l’école T. D’Ansembourg

> Favoriser le développement des compétences psycho-sociales (empathie, gratitude, régulation des émotions, maitrise de soi…) et des fonctions socio-cognitives (ex. la Théorie de l’Esprit…) 

> Agir sur les normes, les modifier [EXEMPLE : établir une norme propre au groupe pour assurer un climat de classe égalitaire et d’entraide…]                                                                                                                                                                                                                 (Une norme = une échelle de référence qui, par ses prescriptions ou par ses proscriptions, définit une marge de comportement, d’attitude et d’opinion + ou – acceptable dans un contexte donné (travaux de Cialdini & al., 1991)

Lutte contre le harcèlement scolaire

Parmi les différentes aspects qui composent ce que l’on nomme la « violence scolaire », l’un des plus étudiés est celui du harcèlement scolaire ou « school bullying ». Qu’il soit physique ou psychologique, parler de harcèlement c’est parler d’actes répétitifs dans une intention de nuire à autrui.  Cela peut prendre la forme de violences physiques, de violences verbales (directes ou indirectes), d’atteinte à l’intégrité d’une personne (rumeur, réputation…), d’exclusion sociale (mettre à l’écart une personne du groupe)… 

Quelles ressources et supports pour travailler sur le harcèlement scolaire dans mon établissement scolaire dans le Puy-De-Dôme ? Retrouvez quelques liens dans l‘Article SOPSIE « Lutter contre le harcèlement scolaire (63)« 

  • > Se former à la lutte contre le harcèlement scolaire (cf. liens vers des programmes et associations ci-dessous)
  •  
  • > Identifier les catégories qui se forment et analyser leurs interactions et dynamiques pour anticiper de futures potentielles altercations ou situations de dominance. Identifier les « profils » potentiels de « victime » et « agresseur »
  •  
  • > Identifier les indices de situations de harcèlement (ex. la contre agression, l’absentéisme, les retards, le renfermement sur soi, l’isolement, les conduites d’évitement…)
  •  
  • > Instaurer des activités induisant du contact intergroupe, des situations d’interdépendance… (cf. page « travail de groupe & coopération »)
  •  
  • > Recatégoriser : créer une catégorie supra-ordonnée à laquelle chaque individu de votre groupe de jeunes appartient et s’identifie [EXEMPLE : construire ensemble une identité commune, se fixer des buts/objectifs communs, définir des rôles au sein du groupe – avec un/des médiateurs aussi par exemple…]
  •  
  • > Diffuser une norme d’entraide et de respect mutuel [EXEMPLE : établir des règles au sein du groupe, instaurer un jeu de bienveillance (ex. l’ange gardien…), véhiculer des informations qui valorisent des comportements positifs…]
  •  
  • > Offrir des espaces d’échanges des ressentis, des vécus et expériences… [EXEMPLE : groupe de parole collective, boite à émotions, salle de râlage, salle de confidence…] 
  •  
  • > Sensibiliser les jeunes aux biais cognitifs, aux préjugés, à la discrimination et au harcèlement : leurs origines, leurs fondements, leurs effets. Et les inviter à réfléchir eux-mêmes et à proposer des solutions : comment lutter contre cela, quoi mettre en place… [EXEMPLE : organisation de forum, exposés, formations…]
  •  
  • > […]

L’essentiel sera d’agir sur le fonctionnement même de l’établissement accueillant le groupe de jeunes. Intervenir ainsi sera plus efficace que de se focaliser uniquement sur la psychologie du jeune. Ce focus unique sur la psychologie du jeune se retrouve dans l’organisation de suivis individuels ou de « thérapies » de groupes touchant les jeunes « à problème », dans la proposition d’ateliers de développement de l’estime de soi, ou l’animation d’interventions extérieures (police nationale…) qui insistent sur le respect de la loi… Ces dernières interventions visent à agir directement sur l’individu or nous parlons ici de situations sociales, inscrites dans un contexte précis. Comprendre ce contexte et agir dessus, sur l’organisation du groupe, sur les dynamiques qui le régissent… sera le premier pas vers la réduction des violences scolaires.

Des jeunes ayant leurs besoins fondamentaux comblés (notamment celui de sentiment d’appartenance et de soutien social), ayant la possibilité de s’exprimer, n’étant pas contraints par des éléments qu’ils n’ont pas eux-mêmes établis ensemble, n’ayant pas de réputation particulière à défendre, sont des jeunes moins enclins à enfreindre des règles de comportements sociaux bienveillants. Pour des jeunes intégrés au groupe, percevant autrui comme une source de soutien et d’information, expérimentant de faibles tensions et n’étant pas ciblés comme « jeunes à problème » au sein de la structure, il est moins probable de voir apparaitre des comportements indésirables. Il y aura toujours des conditions et évènements extérieurs à l’établissement que l’on ne contrôle pas et qui joueront sur les comportements sociaux des jeunes au sein de notre structure ou lieu de vie : toutefois, nous pouvons au moins contrôler et réguler les conditions internes à l’établissement ou lieu d’accueil. 

RESSOURCES COMPLEMENTAIRES (Articles, références scientifiques...)

Adorno, T., Frenkel-Brenswik, E., Levinson, J. & Nevitt Sanford, R. (1950). The Authoritarian Personality. Verso.
Allport, G. W., Clark, K., & Pettigrew, T. F. (2015). The Nature of Prejudice. New York: Basic Books.
Bourdieu, P. & Passeron, J. C. (1977). Reproduction in Education, Society and Culture. London : SAGE.
Brown, R. (2020). The origins of the minimal group paradigm. History of Psychology, 23(4), 371–382. DOI

Devine, P. G. (1989). Stereotypes and prejudice : their automatic and controlled components. Journal of Personality and Social Psychology, 56(1), 5-18. DOI
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Festinger, L. (1957). Social comparison theory. Selective Exposure Theory, 16-17. DOI
Hamilton, D. L. & Rose, T. L. (1980). Illusory correlation and the maintenance of stereotypic beliefs. Journal of Personality and Social Psychology, 39(5), 832–845. DOILeyens, J.-P., Yzerbyt, V, & Schadron, G. (1994). Stereotypes and social cognition. Sage Publications, Inc.
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