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Perception du risque

ARTICLE SOPSIE sur l’illusion de contrôle que des jeunes peuvent entretenir face à des situations à risque, surestimant leurs compétences à contrôler la situation en question ou en se croyant plus prudents que les autres. 

ARTICLE SOPSIE présentant également les différents modèles de perception du risque… 

Comme mentionné sur la page SOPSIE « Prévention des conduites à risque » , la perception de l’environnement par l’individu apparait comme l’une des principales sources de facteurs à risque de conduite à risque (Jessor, 1993). En effet, la/le jeune peut avoir une intention d’agir dangereusement car elle/il croit ne pas être pas vulnérable, que les conséquences ne seront pas si graves, qu’elle/il en retirera de nombreux bénéfices, sans en pâtir réellement (Health Belief Model – Becker, 1974). Par exemple,  en fonction de sa perception de son environnement, un·e jeune peut adopter les croyances opposées et alors prendre la décision de réduire sa consommation d’alcool si elle/il se sent vulnérable au développement d’une cirrhose ou au risque d’avoir un accident de voiture par exemple, et qu’elle/il estime que cela est grave. Elle/il sera d’autant plus enclin à réduire sa consommation si elle/il perçoit de nombreux bénéfices à cela. 

 

Article SOPSIE "Prévention conduites à risque"
Article SOPSIE

Nous prenons un temps au travers de cet Article SOPSIE d’entrer un peu plus dans les détails de la perception du risque et son impact sur les comportements des jeunes. Ainsi, nous parlerons de cette tendance à surestimer les bénéfices d’une action et à sous-estimer les risques encourus, de la méconnaissance d’un danger potentiel et de l’illusion de contrôle. 

Tendance à percevoir les bénéfices associés à une action de façon sur-proportionnée en se focalisant essentiellement sur les conséquences positives (ignorant les négatives).

Tendance à percevoir le monde de façon à le rendre moins anxiogène et plus agréable, entrainant une perception moindre des risques et dangers encourus. Dans ce cas, la/le jeune entretient de nombreuses illusions. 

A noter ; lorsque nous sommes menacés (ou nous nous sentons menacés) par une information (ex. fumer tue!), nous avons tendance à ne pas trop l’écouter ou bien à largement la sous-estimer : nous réfutons l’information anxiogène (Ditto & Lopez, 1992).

Selon les chercheurs Weinstein, Sandman & Roberts (1990), quatre connaissances seraient essentielles pour considérer qu’une personne a bien été informée du danger : la connaissance de la nature du danger, la connaissance de la probabilité du danger, la connaissance des facteurs personnels ou environnementaux qui accentuent ou diminuent la probabilité de danger, et, la connaissance des modes opératoires permettant de réduire le risque et de la difficulté à les mettre en œuvre. Or souvent, ces connaissance sont incomplètes et erronées chez les jeunes qui développent alors une mauvaise perception du risque.

Correspond à la croyance que l’on a de contrôler les situations qui nous arrivent, l’illusion de maitriser celles-ci et de pouvoir y faire face sans encombre. Cela peut être contre productif lorsque la personne surestime ses capacités et qu’elle tend à mal adapter son comportement face à une situation à risque. Cela se manifeste par une illusion d’efficacité (=surestimation de sa compétence à contrôler le risque) et une illusion de prudence (=penser que son propre comportement est plus prudent que celui des autres).

Ressource-SOPSIE en éducation

"L'illusion de contrôle que nous entretenons [toutes et tous], en surestimant notre compétence à contrôler un risque, ou en pensant que [nos comportements sont plus prudents que ceux] des autres, peut avoir un rôle contre-productif"

Différents modèles furent développés pour parler de la perception du risque chez les enfants, adolescent·e·s et adultes. Tout comme furent étudiés les nombreux biais auxquels nous sommes toutes et tous sujets et qu’il convient de connaitre et observer pour prévenir au mieux des conduites à risque dangereuses pour la/le jeune et les autres. 

Modèles de la perception du risque

* Risque cible = correspond au niveau de risque que la/le jeune est prêt à accepter

* Risque perçu = la gravité effective du risque perçu par la/le jeune (son estimation)

Lorsque la personne identifie, dans un contexte donné, que le risque qu'elle encourt est au dessus de son niveau de risque cible elle ajuste son comportement afin de réduire le risque perçu (et vice-versa).

Le modèle de l’homéostasie du risque a été développé par Wilde (1976, 1982). Dans ce modèle, construit essentiellement autour de la conduite à risque automobile, Wilde suggère qu’un individu ajuste son comportement afin que son évaluation du risque d’accident/incident et/ou de danger, soit égale à un niveau-cible de risque => ajustement pour obtenir risque perçu = risque cible. L’individu effectuerait donc une comparaison entre le niveau de risque perçu et le niveau de risque cible pour, ensuite, ajuster ses actions et maintenir un niveau constant et stable de risque.

==> Dans le cadre de ce modèle, la meilleure façon de lutter contre les conduites à risque serait d’agir sur le niveau de risque-cible et d’éclairer le risque perçu en modulant/influençant les perceptions du risque chez les jeunes.

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AUTRES MODELES

Chacun des modèles suivants peut nous offrir des pistes d’actions afin de lutter contre les conduites à risque : 

> Le modèle du risque zéro (Näätänen & Summala, 1976, Summala, 2007) : stipule que les jeunes évaluent un risque subjectif à 0 alors que le risque objectif est en réalité plus élevé. 

Dans ce cas, des actions de prévention consisteraient à introduire des améliorations dans le système sans réduire le risque subjectif et d’apporter une aide/un support dans l’évaluation de la situation pour faire prendre conscience du risque objectif encouru. 

> Le modèle de l’évitement de la menace (Fuller, 1984) : stipule que l’on adopte une comportement potentiellement dangereux en ignorant en partie les risques associés : les jeunes évitent ainsi la menace puisqu’elles/ils ne traitent pas l’information négative. 

Dans ce cas, des actions de prévention consisteraient à limiter l’influence du groupe et à casser les schémas d’apprentissage de telles conduites à risque (ex. celle de consommation alcoolique en occultant les effets néfastes dans une volonté de s’intégrer au groupe). En bref, l’objectif serait de mettre fin aux renforcements liés à la pratique à risque et renforcer (plus fortement et fréquemment) les comportements/pratiques prudentes (protection lors des rapports sexuels, sobriété, jeux extérieurs/sportifs plutôt que jeux vidéos…). 

Les biais

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BIAIS D’OPTIMISME 

Ce biais renvoie à la tendance générale à manifester une confiance excessive lorsque nous évaluons le risque encouru. 

Nous pouvons également parler du biais d’optimisme comparatif associé à un contrôle que nous pensons avoir de la situation. Ce biais est souvent observé dans les situations où, finalement, il y a peu de contrôle et que nous avons besoin de nous « rassurer » en quelque sorte. Ainsi, nous accentuons la confiance que nous avons en nous et en notre capacité à contrôler ce qui semble peu contrôlable. De la sorte, nous nous sentons immunisés et convaincus que ce qui arrive de mal aux autres ne nous arrivera pas.

BIAIS DE CONFORMITE SUPERIEURE DE SOI

Dans ce biais nous observons que les personnes s’estiment généralement bien plus différentes les unes des autres qu’elles ne le sont réellement. Cela les amènent à penser qu’elles adoptent un style de vie davantage sécuritaire, et qu’elles sont bien plus prévoyantes et capable de faire face aux situations à risque, que ne le sont les autres. 

Article publié en mars 2023